L’observation de nombreux faits et phénomènes liés à la vie des abeilles montre que leur organisation obéit à des principes d’économie sans faille, et qui seraient sûrement jugés parfaitement totalitaires s’ils étaient appliqués à des sociétés humaines !
Quelques exemples :
les ouvrières sont entièrement dévouées à la communauté et meurent toutes à la tâche ;
les mâles également, dont le rôle est strictement limité à celui de reproducteurs (effectifs ou potentiels) ;
lorsque la reine est trop vieille pour pondre correctement (ponte limitée, ou absence de fécondation de la reine qui entraîne la ponte exclusive d'individus mâles), les abeilles la tuent pour en élever une autre, afin de permettre à la colonie de survivre ;
les gardiennes de la ruche n’hésitent pas à se sacrifier en attaquant des ennemis mieux armés qu’elles ; elles meurent généralement quand elles piquent, car elles ne peuvent survivre à la perte de leur dard ;
une jeune reine à peine sortie de son alvéole tue immédiatement ses sœurs plus jeunes, la ruche ne pouvant pas se permettre, pour sa survie, de nourrir deux colonies en même temps ;
lorsqu’une jeune reine va éclore, c’est la vieille reine qui, avec l'aide des ouvrières qui l’accompagnent, prend tous les risques en quittant la ruche, l’essaimage se produisant sans aucune garantie de relogement décent ;
tout individu improductif est éliminé sans délai : mêmes les larves sont éjectées de la ruche si, après un épisode de printemps précoce qui a encouragé les vieilles ouvrières (qui ont survécu au long hiver) à démarrer l’élevage de printemps, survient un retour du froid qui condamne à terme la viabilité des larves ainsi mises en route ;
quand la saison est trop avancée pour que ne soient pas compromises les chances de survie d’une colonie qui, venant à perdre sa reine, devrait pour la remplacer élever sans délai une nouvelle reine (qui doit être élevée pendant seize jours puis fécondée avant de pouvoir redémarrer au plus vite la ponte et l’élevage de nouvelles générations d’ouvrières destinées à la protéger pendant le prochain hiver), les ouvrières cessent de nourrir les mâles dont l’utilité en tant que reproducteurs disparaît ;
la forme hexagonale de la section des alvéoles est optimale quant à la quantité de cire nécessaire pour en élever les parois.
C’est l’une des méthodes les plus simples que tout amateur peut pratiquer à condition d’avoir déjà une bonne petite expérience personnelle.
Choisissez une colonie populeuse que vous ouvrez après enfumage. En travaillant vite, répartissez ensuite les cadres de couvain en deux ou trois parts sensiblement égales. Il faut, bien sur. Disposer à proximité une ou deux ruches vides pour accueillir les nouvelles venues.
Dans la première ruche, vous laissez par exemple quatre cadres. Vous en mettez trois dans la deuxième et trois dans la troisième. Refermez et nourrissez abondamment pendant quelques jours avec du sirop additionné de miel.
La Ruche qui a hérité de la reine se remet aussitôt en marche pour combler les pertes. Les deux autres qui ont des colonies orphelines se mettent également à l’ouvrage. Après un petit moment de détresse, elles entreprennent la construction d’alvéoles royales dans les conditions que vous connaissez. Si tout va bien, une jeune reine éclot deux semaines plus tard et le cycle reprend.
S’il n’y a pas eu d’accroc encours de route, vous devez constater la présence de couvain un mois environ après avoir pratiqué les divisions. Le pourcentage de réussite avec cette méthode tourne autour de 8 ou 9 sur 10. Avouez que c’est tout de même très satisfaisant.
En commençant les opérations environ tous les mois et demi, on peut obtenir prés de dix essaims à partir d’une seule ruche. Une apicultrice du Midi, Jennifer Rochiua, affirme ainsi avoir obtenu 52 essaims à partir de 5 colonies divisées